Navigation
Navigation
Se connecter


Mot de passe oublié ?
 
Vous êtes ici : Accueil / postings-fr / Une "simple" bactérie se révèle d'une complexité étonnante

Une "simple" bactérie se révèle d'une complexité étonnante

Une étude parue dans Science montre que l'organisation interne d'une cellule bactérienne, supposée "simple", s'est révélée beaucoup plus sophistiquée que l'on pensait. Afin d'acquérir une vue détaillée de l'organisation fonctionnelle et spatiale du protéome, l'étude fait appel à un large panel de techniques expérimentales : analyse génomique, chromatographie d'affinité et spectrométrie de masse, microscopie électronique et tomographie.

L'analyse approfondie d'une espèce apparemment primitive a révélé des détails qui remettent en question les idées reçues sur le fonctionnement des gènes.

Mycoplasma pneumoniae, responsable d'une forme de pneumonie chez l'homme, ne comporte que 689 gènes (pour comparaison, l'homme en possède 25 000, la plupart des bactéries 4000 environ). Une étude publiée dans Science vient de révéler que cette bactérie possède une flexibilité et une sophistication étonnantes, lui permettant de réagir rapidement face aux changements dans son alimentation et son environnement.

Pour identifier les complexes protéiques et les interactions protéines-protéines et avoir une vue détaillée de l'organisation fonctionnelle et spatiale du protéome, l'étude combine analyse génomique, purification par affinité et spectrométrie de masse (TAP-MS), modélisation des protéines, microscopie électronique et tomographie.

Il ressort que l'organisme peut se débrouiller avec seulement huit "interrupteurs" de gènes ou facteurs de transcription, comparés aux 50 minimum nécessaires chez d'autres bactéries comme Escherichia coli.

L'analyse du protéome a également montré que la bactérie compensait le fait d'avoir si peu de protéines en utilisant chacune dans une multitude de fonctions.

Une cartographie a été générée pour le ribosome, la protéine chaperone GroEL, le coeur du complexe enzymatique pyruvate déshydrogénase et l'ARN polymérase. Ces grands complexes sont exclus de la structure terminale effilée, le « tip », requise pour l'adhésion de la bactérie aux cellules épithéliales, ce qui indique que déjà dans une simple bactérie primitive le protéome est spatialement organisé.

Contrairement à E. coli qui contient un nucléoide compact formant une zone d'exclusion au centre de la cellule, l'ADN circulaire chez M. pneumonia est apparemment réparti uniformément. On estime le nombre moyen de complexes par cellule à 140 pour le ribosome, 100 pour GroEL, 100 pour la pyruvate déshydrogénase et 300 pour l'ARN polymérase.

 

 Se reporter à l'article complet de Andy Coghlan sur le site :

http://www.newscientist.com/article/dn18206-simple-bacterium-shows-surprising-complexity.html

ainsi qu'à l'étude publiée le 27 novembre dans la revue Science :

Proteome Organization in a Genome-Reduced Bacterium

Sebastian Kühner, et al. Science 326, 1235 (2009)

DOI: 10.1126/science.1176343

 

Actions sur le document